Ma fille, cette fabrique à larmes

K'aiza, k'aiza ! 👋 Ce matin, 7h12 : tragédie nationale à la maison. La banane du petit-déjeuner s'est cassée en deux. Rideau, larmes, fin du monde. (Je précise pour les inquiets : la banane allait très bien par ailleurs.) Je vous raconte.
Il faut voir la scène pour y croire : le menton qui tremble d'abord, en avant-première. Puis le regard qui se tourne lentement vers la fenêtre, comme dans les films. Et enfin la vague, immense, sincère, inconsolable. Le voisin a dû croire à un drame. C'en était un : un drame de potassium.
Un répertoire déjà très riche
Car ma fille pleure avec une facilité déconcertante. Trois secondes chrono, zéro échauffement. À ce niveau-là, ce n'est plus de la sensibilité, c'est du métier. Petit florilège de ses plus grandes représentations (détails à ajuster, la liste réelle est bien plus longue) :
- La Tragédie de la banane : vue plus haut. Œuvre majeure ;
- Le Drame du pull qui gratte : performance textile en un acte ;
- L'Adieu au ballon crevé : des adieux plus déchirants que dans les téléfilms du dimanche ;
- Le Scandale du dessin raté : le soleil avait débordé. La faute du feutre, évidemment.
Ma théorie : une future grande actrice
Le plus troublant ? La capacité d'arrêt. Net. Immédiat. Il suffit qu'un goûter entre dans son champ de vision et la machine à larmes se met en pause, comme si un réalisateur invisible avait crié "coupez !". (La science appelle ça une coïncidence. Moi j'appelle ça du professionnalisme.)
J'en suis désormais convaincu : je loge une future grande actrice. Le jour où elle recevra son premier prix d'interprétation, j'espère simplement figurer dans les remerciements, idéalement avant le doudou. Soyons fous.
Mais entre nous, quand elle mitomany (pleurer) pour la dixième fois de la journée, je me rappelle une chose : à son âge, le chagrin est toujours vrai. La cause peut être absurde, la banane, le pull, le soleil qui déborde, mais l'émotion, elle, ne triche jamais. Mon rôle n'est pas de juger le scénario. Juste d'être le public qui ouvre les bras.
Et puis les chagrins d'enfant ont cette élégance : ils sèchent à la vitesse d'un câlin.
Rideau. Entracte. Jusqu'à la prochaine banane. 🙂
Et chez vous, c'est quoi la performance la plus dramatique jamais livrée pour un motif complètement absurde ? Raconte-moi, ici c'est un espace sans jugement.
Okay daholo, et à la prochaine ! ✨
Andry
Ce billet t'a parlé ? Réponds-moi, je lis tout et je réponds à tout le monde.